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Hommage au professeur Paul Tolstoy

In memoriam : Paul Tolstoy

Par Julien Riel-Salvatore

Diplômé de l’Université Columbia (PhD 1958) et de la Sorbonne (Doctorat ès lettres 1984), Paul Tolstoy a été le premier professeur d’archéologie du Département d’anthropologie de l’Université lors de sa fondation en 1961. D’une famille de Russes blancs exilés (fils du Comte Andrei Tolstoy), il naquit à Versailles en 1931, avant d’émigrer à New York en 1946. Parlant couramment russe, français, espagnol et anglais, ses premiers travaux en archéologie consistèrent à traduire ou à faire la synthèse de publications sur l’archéologie soviétique en général et de la Sibérie en particulier, et il participa également aux projets de Carl Borden en Colombie-Britannique en 1952. Sa thèse de doctorat marqua cependant un tournant dans sa carrière qui serait par la suite principalement concentrée sur l’archéologie mésoaméricaine, ce qui lui valut également d’être invité, à partir de 1976, comme enseignant spécialiste de cette région à l’Unité de formation et de recherche d’histoire de l’art et d’archéologie de l’Université de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. Paul Tolstoy débuta sa carrière à l’UdeM comme professeur adjoint (1961-64) et professeur agrégé (1964-66), avant d’accepter un poste au Queens College de New York de 1966 à 1977. Il rejoignit cependant nos rangs en juin 1977 comme professeur titulaire lorsqu’il fut engagé comme directeur du Département, fonction qu’il occupa jusqu’en mai 1981; il prit sa retraite en 2014. Décrit par ses collègues et étudiants comme un enseignant érudit, rigoureux et exigeant, il fut l’idéateur des premiers cours d’archéologie dispensés régulièrement au Québec, certains desquels comme Éléments de préhistoire et Méthodes concepts en archéologie sont toujours enseignés aujourd’hui au Département d’anthropologie. Il fut un expert de renommée mondiale sur les civilisations précolombiennes dans la Vallée de Mexico, où il mena par ailleurs des fouilles d’envergure sur le site de Coapexco en plus d’offrir des révisions d’importantes autres séries pour clarifier le processus d’émergence des sociétés complexes de la région. Un autre sujet qui l’intéressa toute sa carrière fut le processus de la diffusion culturelle, notamment la production du tissu d’écorce qu’il interprétait, provocateur, comme indiquant des contacts précolombiens entre la Polynésie et la Mésoamérique. Malgré ces intérêts de recherche pointus et persistants, ses interventions dans les médias dès les années 60 indiquent son appréciation de l’importance qu’il y avait de développer l’archéologie du Québec, domaine jusqu’alors embryonnaire et dont il put suivre la naissance et l’épanouissement pendant sa carrière professorale de plus de 60 ans. Publié dans des revues telles que Science, American Antiquity et le Journal of Field Archaeology, sa thèse de doctorat « Surface survey in the northern valley of Mexico : The Classic and Postclassic Periods » fut l’objet d’une publication monographique dans les Transactions of the American Philosophical Society et reste une référence clé sur la préhistoire de la région encore citée aujourd’hui. Il eut une influence majeure sur plusieurs générations d’étudiant.e.s en archéologie à l’UdeM, notamment Louise I. Paradis avec qui il collabora étroitement et qui devint à son tour professeure au Département en 1973.

Légende des photos :

1. Paul Tolstoy enfant (de Obolensky 2004)

2. Paul Tolstoy jeune professeur en 1962 (de La Presse)

3. Paul Tolstoy, au milieu de la première rangée, en 1989 durant la conférence Regional Perspectives on the Olmec tenu à la School of American Research.

4. Paul Tolstoy en 2011, photo du 50e anniversaire du Département d’anthropologie.

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