Passer au contenu

/ Département d'anthropologie

Je donne

Rechercher

Histoires d’animaux

Photos : Guy Lanoue
Mademoiselle Tess, qui aime participer à la production de nos bulletins.

Bonne lecture de notre bulletin de la rentrée 2019!

Dans ce numéro, nous voulons partager avec vous notre amour et notre respect pour les animaux, mais aussi parler de leur rôle dans nos recherches et dans nos vies. Les animaux qui nous tiennent compagnie, que nous élevons et chassons, et dont parfois nous abusons, nous rappellent ce qui constitue un être humain.

Les animaux jouent un rôle important dans la formation d’un anthropologue. Nos animaux de compagnie nous humanisent, et les spécimens dans nos laboratoires et ceux que nous étudions sur le terrain nous montrent les limites de l’être humain. Ici, on voit que nous ne pouvons pas séparer nos vies privées de nos engagements intellectuels.

Comme toujours, nous vous invitons à nous transmettre vos commentaires ou vos questions à : guy.lanoue@umontreal.ca.

Passez un bel automne déjà bien entamé!


Au secours des chimpanzés


La première partie de l’émission The Nature of Things with David Suzuki (CBC) diffusée le 20 septembre dernier met en lumière le travail de la professeure Iulia Badescu. Visionnez le magnifique documentaire ci-contre et rendez-vous à la septième minute pour le segment spécifique à Iulia Badescu.

>

La professeure Iulia Badescu fait partie de la nouvelle génération de chercheuses s’inspirant de Jane Goodall, Dian Fossey et Birutė Galdikas, les « Trimates » qui ont consacré leurs vies à l’étude des grands singes. Elle est spécialiste des chimpanzés, notre plus proche parent hominidé vivant.

L'un des plus gros problèmes pour la survie des animaux sauvages, comme les primates en voie de disparition, réside dans le fait qu’ils sont parfois considérés comme des animaux de compagnie par les humains.

Ceci encourage un trafic illégal de ces animaux, qui souvent finissent par être mal traités ou abandonnés quand ils vieillissent et perdent leurs traits de bébé. Un chimpanzé mâle peut peser jusqu’à 50 kilos à l’âge adulte. Il est aussi beaucoup plus fort qu’un humain, même dans le cas où celui-ci a le double de sa taille.

Plusieurs refuges tentent de bloquer ce trafic illégal, ou de fournir des lieux où ces animaux peuvent vivre leurs derniers jours en paix et en toute dignité.

Vers le haut

Animaux de nos labos

(Claire St-Germain, responsable du laboratoire d’ostéologie)

Le 10 juin 2009, je suis dans mon laboratoire de zooarchéologie et j’analyse des restes animaux provenant d’un site archéologique. C’est le travail initial du zooarchéologue, le spécialiste de l’analyse des restes animaux récoltés sur des sites archéologiques.

C’est un travail minutieux qui demande de la rigueur, une bonne connaissance du squelette animal et une bonne mémoire visuelle! Je dois identifier le mammifère, l’oiseau, la grenouille ou la tortue qui se cache derrière le bout d’os que j’ai entre les mains. Je le compare à une grande bibliothèque de squelettes, la collection de référence.

J’ai le choix entre un castor du Canada, un cerf de Virginie, un cochon domestique, un raton laveur, un rat musqué, un canard colvert, un geai du Canada, un pluvier kildir, un merle d’Amérique, une tortue serpentine, un ouaouaron et bien d’autres encore. Je suis entourée de nombreux squelettes d’animaux tous bien rangés dans leurs boîtes!

Ce matin de juin, j’ai entre les mains quelques os intrigants. Ils appartiennent à un oiseau de bonne taille. De plus, ils sont calcinés, c’est-à-dire qu’ils ont été jetés au feu. Ils sont donc blanchâtres, friables et cassants entre mes doigts. Après avoir ouvert presque toutes mes boîtes d’oiseaux, y compris celle du plongeon huard, du cormoran, du grand héron, du goéland, de l’oie, du dindon sauvage et du grand corbeau, je suis perplexe.

Le site archéologique correspond à l’une des premières tentatives d’implantation d’une colonie française en Amérique du Nord.

Je repasse les oiseaux de la collection une seconde fois et je réalise que les os sur ma table ressemblent étrangement aux guillemots, des oiseaux marins. Mais ceux que je tiens en main sont gros, très gros. Je sens une exaltation monter en moi. Serait-ce ce que je soupçonne?

Ça pourrait correspondre : le lieu a été occupé au XVIe par Jacques Cartier qui en a décrit la faune et la flore. Dans son récit, il mentionne les animaux qui étaient capturés pour la survie de son groupe. Parmi ces animaux, un oiseau capturé à foison : le grand pingouin. Incapable de voler, il était une proie facile.

L’exploitation effrénée de cette espèce de l’Atlantique Nord a d’ailleurs mené à son extinction au XIXe siècle. Je ne peux comparer ses os qu’à ceux de ses cousins actuels, le petit pingouin et le guillemot.

Avec émotion, je réalise que j’ai entre mes mains des os de grand pingouin, une espèce éteinte… Attestation émouvante de l’existence d’un oiseau disparu qui ne vit maintenant que dans les livres et les archives archéologiques.

Source : Wikipedia

Vers le haut

Sur les traces de la vache sacrée

(John Leavitt, professeur au Département)

N’ayant pas trouvé d’image de fondation d'un temple, en voici une d'un veau qui regarde avec adoration le dieu-vacher Krishna dans une image dévotionnelle hindoue.

Depuis longtemps, je m'intéresse aux vaches. Élevé dans le grand nulle part que sont les banlieues de grandes villes américaines, ma jeunesse a, en effet, été privée d'une connaissance personnelle de ces êtres magiques. J'ai eu depuis la chance d'en connaître quelques-unes, mais jamais, jusqu'à présent, de façon soutenue.

Quand je suis en Inde, je vis parmi des vaches et des buffles (et bufflesses), mais sans avoir le droit de les traire. Ceci est réservé aux personnes que l'animal connaît bien et avec qui elle a des relations affectueuses.

Pour ma part, je connais surtout des vaches virtuelles, celles des légendes et des mythes, surtout des peuples de l'Inde (la vache sacrée) et de l'extrême ouest de l'Europe, avec une plus grande concentration dans les régions de langue celtique. Ces deux grandes civilisations sont « boophiles » depuis des millénaires. Dans ce texte, j’aimerais faire ressortir une correspondance entre ces cultures.

En Inde, il y a des milliers de temples hindous fondés selon la légende suivante : une vache disparaît tous les jours de son troupeau et revient le soir sans lait. Intrigué, le vacher décide de la suivre et constate qu’elle se rend quotidiennement à une pierre ou un symbole du dieu Śiva, et lui donne son lait comme offrande. Excédé, le vacher frappe la pierre, d'où jaillit du lait ou du sang. Ébahis par ce miracle, les gens construisent un temple à l’endroit de la pierre.

Photo : Dominique Pauvert, 2012

En France, à plusieurs endroits, surtout dans le Périgord, on prête la construction des églises à la légende suivante.

Une vache disparaît tous les jours de son troupeau et ne revient que le soir. Intrigué, le vacher la suit et constate qu’elle se rend quotidiennement à un endroit précis pour gratter le sol. Le vacher creuse dans le sol et y découvre une source avec une image de la Vierge. Il rapporte l'image à l'église de son village, mais le lendemain elle n’y est plus. On en déduit qu'elle est retournée à la source. Après plusieurs essais, une nouvelle église est bâtie pour accueillir l'image de la Vierge.

Ci-contre, une photo d’un vitrail de la Chapelle de Capelou, près de Belvès, dans le Périgord.
La vache que l’on y voit regarde l'image de la Vierge avec une adoration comparable à celle du veau de Krishna dans l’image précédente.

Photos : Lori Harreman, 2019

En Bretagne, sans doute comme rémanence de son fond celtique, plusieurs des saints locaux sont des saints protecteurs du bétail : dans le Finistère, c'est saint Herbot; dans le Morbihan, saint Corély.

À gauche, une photo de saint Herbot de l'église de Saint-Ronan à Locronan, que l’on sort les jours de la Grande Troménie, pèlerinage sexennal, « pour qu’il puisse voir ses potes --les autres saints— », explique un habitant du village.

Aux pieds de saint Herbot, on aperçoit en tout petit, un bovin--vache ou bœuf—caché dans sa robe, qui observe les alentours depuis sa cachette.

À droite, un gros-plan de la vache--ce me semble bien être le visage d'une vache--qui nous regarde avec son intelligence et sa bonne volonté habituelles.

Vers le haut

Les poules de ma mère

Photo : Ahmed Idris-Haroun

(Amal Idris-Haroun, doctorante au Département)

Ma mère a toujours veillé au bien-être des animaux autour d’elle. Elle parlait aux chats. Elle s’attristait de la mort de ses poules et ses canards, encourageait ses poussins à manger et surveillait la température en été et en hiver pour ces « créatures sans voix qui ne peuvent pas se plaindre! », comme elle nous disait.

En tant que fille égyptienne qui a grandi en province, j’étais toujours entourée des femmes de la famille. Celles-ci contrôlaient la vie de la maison sur tous les plans, y compris celle de « nos » animaux.

Très souvent, le dernier étage des maisons est sans toit sauf pour une pièce qui est réservée aux volailles : poules, canards, pigeons, lapins (rarement), dindes, oies, etc. Pourtant, d’autres animaux s’approprient le lieu pour manger, pour nicher, pour accoucher ou se reposer. Souvent, on avait des chats qui s’invitaient au moment du dîner en bas.

Les femmes de la famille partageaient entre elles le savoir de faire des couvées de poules ou de canards pour leurs œufs, mais aussi pour leur viande. Ma mère y réussissait à peine malgré ses efforts; « il y en a qui sont plus chanceuses que d’autres. » dit-elle souvent.

Cohabitation : us et coutumes

Le plus jeune de nos animaux (photo : Ahmed Idris-Haroun)

À l’époque, on côtoyait ces animaux sans jamais se les approprier. Il y avait toujours une ligne « consentie » à ne pas franchir entre humains et animaux. Pendant le repas, des chats restaient à la porte sans oser entrer, attendant qu’on leur donne quelque chose (lorsqu’on avait du poisson, surtout!), puis ils s’en allaient ailleurs.

Je n’ai jamais vu ces femmes caresser un chat ni une poule comme on le fait avec un animal de compagnie. Cependant, il y avait toutes sortes de complicités et d’interdits pour ce vivre en commun.

Pour les interdits, ma mère m’avertissait de ne pas faire quoi que ce soit aux chats; « ils viendront te chercher la nuit pour se venger! ». Ma grand-mère m’interdisait de faire peur ou mal aux lézards agiles parce que selon elle « ils portent la clé du paradis! » Pour renvoyer les geckos de la maison, il faut acheter une herbe particulière au marché des épices, selon ma tante, et pour les fourmis, il faut juste lire la sourate des fourmis!

Les enfants partageaient la tâche de prendre soin des volailles sur le toit; ils devaient monter la nourriture matin et soir, donner à boire et veiller à ce que la pièce des poules reste propre et aérée.

Dans le dialecte égyptien, les animaux suivants : chat, poule, fourmi, lézard, canard, pigeon et lapin sont féminins. Quant aux chiens locaux, aux traits très fins, eux, ils restaient dans la rue.

Mythologie égyptienne

Ostracon avec chat et souris, Nouvel Empire, (XIX - XX dynasties), ca. 1295-1070 B.C.E., #37.51E, Charles Edwin Wilbour Fund.
Détail de la tombe de Nebamon, Nouvel Empire (XVIII dynastie) - British Museum

À vrai dire, le chat (féminin en égyptien), contrairement aux autres animaux, inspire à la fois la crainte, la majesté et le respect. Comme en Égypte ancienne, il faut éviter de contrarier un chat ou lui faire mal intentionnellement. Selon les grand-mères, celui-ci revient la nuit et laisse des blessures sur le corps. Serait-il inspiré de la transformation de la déesse chat Bastet en Sekhmet, la déesse lionne de la guerre? Bastet avait la tête d'un chat, mais pouvait se transformer en Sekhmet si elle était contrariée.

L’ancienne mythologie égyptienne était complexe et fusionnait plusieurs traditions qui ont évolué dans le temps. Ce n'est donc pas surprenant que même si Bastet la déesse-chat était protectrice des femmes enceintes, aujourd’hui on avertit les mères de se méfier des chats.

Dans le sud de l’Égypte, il ne faut pas réveiller des bébés jumeaux la nuit parce que l'un d’eux se transforme en chat et erre jusqu’à l’aube, quand il reprendra sa forme humaine.

Derrière le chat, il y a toujours la lionne!

Vers le haut

Ma vie de chien

(Guy Lanoue)

Photos: Guy Lanoue

Je n’ai pas grandi avec les chiens. Ma mère ne les supportait pas. À l’âge de 23 ans, je suis allé sur le terrain dans la Vallée du Mackenzie, où j’ai pris ces photos de parties de chasse avec les Dènès Peau de Lièvre de Fort Good Hope. C’est là où j’ai été confronté à un dilemme que j’ai mis 42 ans à résoudre : plusieurs peuples dènès ont un mythe de fondation, soit « le mari-chien ».

Selon ce mythe, l’ancêtre des humains actuels était un chien qui se déguisait en humain pour avoir des relations sexuelles avec une femme humaine. Elle a eu des chiots qu’elle a pu transformer en humains en leur enlevant leur peau de chien (à l’inverse de leur père, qui se mettait une peau d’humain pour ses ébats). Abandonnés par ses proches, la femme et ses enfants tuent le ‘mari’/père et deviennent les ancêtres des humains contemporains.

Pourtant, même si les chiens jouent un rôle clé dans l’émergence de l’humain, ils sont aujourd’hui souvent maltraités par les hommes (mais pas par les femmes).

Et, on dit que les chiens ne possèdent pas les pouvoirs innés des autres animaux. Pourquoi sont-ils néanmoins vus comme les ancêtres de la race humaine?

Photos: Guy Lanoue

Pour éviter qu’un seul homme ait trop d’autorité, les Dènès ont mis en place une mythologie complexe qui prétend que les hommes naturellement faibles doivent demander aux animaux supérieurs à eux de partager leur pouvoir. Les animaux confèrent parfois ce pouvoir à des hommes valables – généreux, respectueux, et taciturnes, si ceux-ci abandonnent temporairement leurs traits de chasseur et se présentent à eux sous la forme de proie symbolique : à jeun, sans armes, seuls et immobiles.

Les animaux naturellement supérieurs ne peuvent pas être tués sans leur consentement. Ils versent leur sang volontairement pour permettre aux humains de survivre. En contraste, les femmes ne peuvent pas recevoir le pouvoir animal puisqu’elles le possèdent déjà. Leurs règles sont le signe du pouvoir féminin qui permet à notre espèce de se reproduire. Les « deux sangs », féminin et animal, forment un seul doublet. Les femmes sont déjà des « animaux » et donc ne peuvent pas recevoir d’autre don.

Pour rétablir un équilibre entre les hommes faibles et les femmes surpuissantes, les hommes sont obligés de prendre contact avec des animaux puissants et leur demander de partager leur pouvoir, tandis que les femmes naturellement puissantes sont associées à des chiens que l’on dit sans pouvoir. Elles deviennent gardiennes des chiots et mères mythiques des chiens transformés en humains.

À droite, on attache les chiens à un traîneau; Fleuve Mackenzie, 1976; les chiens sont déjà prêts, alertes, tandis que les humains sont désorganisés.
Tess, Montréal, 2018, qui surveille la rue pour nous protéger.

Bref, selon ce mythe, les chiens puissants augmentent le pouvoir des hommes, et ceux sans pouvoir réduisent celui des femmes. Comme ça, la qualité primordiale « faible » de l’homme n’est pas changée par les contingences : qu’il soit physiquement plus fort ou un meilleur chasseur, ce n’est pas lui qui agit, mais le pouvoir animal à travers lui.

Voilà, 42 ans plus tard, j’ai enfin compris pourquoi les Dènès insistent sur le fait que leurs chiens n’ont pas de pouvoir. C’est mon amie Tess qui m’a aidé à résoudre le problème. En fait, les chiens peuvent vivre en deux domaines, la nature et la société humaine. Cependant, l’arrogance humaine a pour effet que les chiens sont soumis à nos caprices quand en fait ils sont nos gardiens et compagnons.

Le mythe de l’impuissance des chiens dènès est une fiction visant à mettre en place un système symbolique qui permet aux hommes et femmes de vivre en équilibre. Sans ce geste d’amour de la part des chiens, qui acceptent ce contrat inégal et injuste, l’harmonie ne serait pas possible dans le monde humain.

Vers le haut

À pas de chat

(John Leavitt, professeur au Département)

L'anthropologue Claude Lévi-Strauss conclut son autobiographie en évoquant « le clin d'œil alourdi de patience, de sérénité et de pardon réciproque qu'une entente involontaire permet parfois d'échanger avec un chat. »

Je connais les chats en personne, et depuis l'adolescence, après avoir eu des chiens, et il est vrai que le regard d'un chat est très différent de celui d'un chien. Un bon chien vous regarde avec adoration comme chef de sa meute, soit-elle une meute de deux--vous et le chien.

Le chat, par contre, chasseur solitaire, se voit plutôt comme un ange descendu des cieux qui daigne partager notre monde et qui, par condescendance, partage la bénédiction de sa présence. L'amour d'un chat est pur : étant absolument infidèle, si un chat vous aime, c'est un amour à la fois égoïste et désintéressé. C'est un compliment; pour ma part, si j'ai la chance de le recevoir, je le fais humblement.

Les chats sont des êtres distillés, quintessentiels. Profondément contents quand ils sont contents, profondément paisibles, profondément endormis; puis fous de rage, passionnés, méchants et cruels.

Il y a d’abord Jimmy le semi-siamois, petit, élégant et vain. Quand je suis triste, il se place sur ma poitrine et me regarde avec ses yeux « mêlés de métal et d'agate ». Il a déjà vécu plusieurs vies à ma connaissance, ayant passé sous un camion et échappé à une bête à grosses dents, probablement un raton laveur qu'il avait insulté et qui lui a laissé des trous dans les fesses.

Puis, il y a Mo, le gros chat noir avec une pointe de blanc au bout de la queue, le roi du quartier, qui se promène de maison en maison chaque jour pour ses nombreux déjeuners. Digne et calme, il a quand même une déviation de la cloison nasale qui fait qu'il ronfle très fort quand il dort.

Ensuite, il y a Jake, grand chat orange, idiot savant, comme c'est souvent le cas avec les mâles roux. Lui, il est toujours soit dans un état de panique, soit dans un état de paix profonde, dans lequel il ronronne et bave. Sur la photo, on le voit alors que nous venons de rentrer de voyage; Jake essaie de s'assurer que nous n'allons jamais repartir.

Photos : John Leavitt et Lori Harreman

Pour finir cet exposé, voici la belle Luna, qu'une collègue appelait Luna Park, maintenant retournée aux cieux d'où elle était descendue.

Vers le haut

Pour l’amour des animaux domestiques

Témoignages personnels de différents acteurs du Département à propos de leurs bêtes

Nos chiens Mira

(Marie-Jeanne Blain, professeure au Département)

Marie-Jeanne Blain et la chienne Serpentine à un évènement-thérapie à l’UdeM, en 2014.
Photos : Marie-Jeanne Blain
La chienne Serpentine se repose au bureau après sa surveillance de la Place Laurentienne.

Vous avez sûrement déjà croisé des chiots en socialisation pour la Fondation Mira à l’Université de Montréal. Des étudiants en anthropologie ont contribué à la cause de la Fondation pendant plusieurs années.

Au laboratoire d’archéologie, dans les bureaux de professeurs ou sur le plancher du café étudiant (grignotant les miettes par terre ou ronflant!), des générations de chiots sont devenues des chiens-thérapies à l’intérieur de nos murs, dans une multitude d’environnements (ascenseurs, endroits exigus, foules, salle de classe riant et chahutant), d’odeurs et de sons.

Le chien Gaspé, qui ronge les livres pour mieux absorber l’anthropologie.

Vivre avec un chiot 24 h sur 24 h procure son lot de bénéfices. Le chiot Mira est, en effet, un médium relationnel inégalé.

Au Département, on a connu Boussole, Serpentine ou Gaspé, mais pas nécessairement leurs guides Marie-Jeanne et Justine!

Nous avons créé une « communauté de famille d’accueil Mira » centrée sur l’équilibre psychologique et physique, qui m’a d’ailleurs permis de terminer mon doctorat avec une relative santé mentale!

Et, nous avons aussi le sentiment que nous avons contribué au bien-être de la communauté, car ces chiens adorent aider les gens.

Vers le haut

Lourd comme une plume

(Willem Roux-Cuvelier, doctorant du Département et Félix Nick, ami du Département)

Il existe de nombreux préjugés à l’endroit des propriétaires d’animaux de compagnie exotiques. Après tout, selon l’ONG environnementale OMPE, le trafic illégal d’animaux représente 25 % du commerce des animaux dans le monde, se plaçant juste après le trafic d’armes et de drogues.

On oublie cependant que beaucoup de ces animaux sont acquis de manière légitime et vivent de manière très confortable aux côtés de leurs propriétaires.

Cet article vise à témoigner de la vie d’un ami et de sa perruche, Taiyo. C’est pourquoi j’ai décidé de lui laisser la parole dans le texte qui suit.

Propos de Félix Nick recueillis par Willem Roux-Cuvelier 

« Sous bien des aspects, Taiyo a plus des caractères d’un élève de maternelle que du psittacidé. Aussi mignonne que trompeuse, à la fois affectueuse et ne manquant pas de mordant (littéralement), aussi débonnaire qu'elle est impulsive, et réalisant des prouesses d'intelligence qui n'ont d'égales que ses nombreuses manifestations ostentatoires, dont on peut être le témoin auditif jusqu'à l'autre bout du couloir de l’appartement.

Regarder Taiyo dans les yeux est quasiment impossible. Elle vous observera toujours de profil, ne vous montrant qu'une petite bille noire entourée de blanc, sous laquelle se dessine un perpétuel sourire de kératine. Si elle désire attirer votre attention, elle vous montrera sa magnifique face mettant en valeur son gros bec aussi expressif qu'un caillou, et duquel surgissent de chaque côté les deux minuscules billes noires qui semblent être dirigées vers l'infini du néant.

Si Taiyo semble si humaine, c'est avant tout parce qu'elle préfère la solidité de la terre que la voie des airs. Bien que dotée d'un ramage qui se rapporte à son plumage, elle n'a que faire d'être le phénix des hôtes de l'appart et préfère exploiter au mieux ses petites pattes griffues pour se dandiner sur le canapé, faire des acrobaties dignes du Cirque du Soleil dans sa cage ou encore s'en servir comme des mains pour se gratter et se nourrir. C'est cela qui est le plus surprenant à observer.

Lorsqu'elle saisit une grappe de millet ou une pépite de céréale, on jurerait qu'elle possède une véritable main, une main humaine. Si on essayait de lui parler, on a l’impression qu’elle pourrait nous répondre et nous livrer ses réflexions sur le monde, sur la condition de conure, les rapports entre le plumé et le déplumé. Elle nous ouvrirait des perspectives qui nous feraient grandir, nous rendraient plus sages, nous rendraient plus humains. Ce sentiment perdure jusqu'à ce qu'elle ait fini de manger et qu'elle se mette à gueuler pour sortir de sa cage ou ne vienne tenter de nous arracher la carotide pour avoir plus de bouffe. Espèce de sale marmot de 60 grammes va! »

Vers le haut

Le chat de « Christian »

Photo: Grumpy Cat

Ceci n’est pas une vraie photo du chat de « Christian » (un pseudonyme). Nous avons utilisé la photo de Grumpy Cat parce que nous voulons cacher l’identité du chat de « Christian » afin non seulement de le protéger de représailles, mais surtout la famille de « Christian » qui l’héberge (ou qui est tenue en otage par le chat; les détails ne sont pas clairs).

Ci-dessous de vraies photos de victimes du chat de « Christian ». Elles ont été glissées un jour en dessous de ma porte dans une enveloppe anonyme; les caméras de surveillance ont capté seulement un petit animal qui s’enfuyait….. Ces victimes ont visiblement des proches qui veulent venger leur mort.

Aujourd’hui, « Christian », sa famille et leur chat vivent dans l’anonymat en vertu du Programme fédéral pour la Protection des Témoins (« ProFProT»). « Christian » enseigne en portant un masque de ski. Chaque moment de sa vie est devenu un enfer à cause de l’instinct meurtrier de « son » chat.

Photos: « Christian »

Vers le haut

SOS Planète

Photo : Francisco Rivera, 2017

Enfin, après vous avoir présenté notre émerveillement de la complexité du monde animal, nous voulons attirer votre attention sur SOS Planète, une nouvelle rubrique de notre site Web, qui présentera des témoignages en l’honneur du Jour de la Terre, le 22 avril 2020.

https://anthropo.umontreal.ca/recherche/sos-planete/

« Nos recherches nous amènent partout dans le monde. Spécialistes du vécu quotidien et du passé, nous constatons l’augmentation à un rythme préoccupant des effets négatifs de l'activité humaine sur l'environnement. Cet espace Web, ouvert à toute personne qui partage nos soucis sur l'environnement, vise à en documenter sa dégradation. »

Si vous voulez partager vos témoignages, contactez

guy.lanoue@umontreal.ca.

Comme d’habitude, merci à « l’équipe » : Amal, Tringa et Willem!